ENTRETIEN AVEC LE GRAND ARTISTE IRAKIEN HAZIM FARIS

Le Soir d’Algérie :

Né à Bassorah en 1971, Hazim Faris a remporté le premier prix du joueur de violon à Baghdad en 1984. Dès l’âge de cinq ans, il avait déjà commencé à faire de la musique. Aujourd’hui, il est lauréat de plusieurs prix nationaux et internationaux. Dernièrement, il a participé au 6e Festival international du malouf à Constantine. Le violoniste et compositeur irakien nous parle de son album 1001 Violin Nights édité par EMI Music et enregistré à Istanbul avec la troupe de l’artiste turc Ibrahim Tatlisen. Le CD est riche de 13 morceaux dont Nana, Homeland, Basrah, My Mother et Black Eyes.

Le Soir d’Algérie : Avec 1001 Nuits du violon, Hazim Faris a choisi un titre «oriental» pour son album. Pourquoi ce choix ?
Hazim Faris : L’Orient, c’est la beauté de la terre et de ceux qui y vivent. L’Orient possède une beauté qu’on ne trouve nulle part ailleurs. C’est pour cette raison que nous sommes différents du monde occidental.
En sous-titre, c’est écrit : «Nana’s musical journey from Baghdad toIstanbul». S’agit-il d’un voyage musical de Nana, la déesse de la lune ?
C’est exact ! Nana est la déesse de la lune chez les Sumériens, 2100 ans avant Jésus-Christ. J’ai choisi ce titre pour aller vers le monde avec une musique qui raconte les souffrances de mon pays et de mon peuple. J’ai choisi cette personnalité mythique irakienne et sumérienne, parce qu’elle symbolise les principales civilisations du pays des Rafidaine.
Les titres des différents morceaux de l’album sont un mélange de réalité et de fiction, d’amour et de nostalgie. La vie quotidienne est- elle une source d’inspiration pour l’artiste ?
Ma vie quotidienne est une composante de mon travail, et mon travail fait partie de ma vie quotidienne. Comme tout artiste, je suis sensible à mon environnement. Je vois et écoute ma ville, mon pays, ma famille et mes amis. Ainsi, je suis influencé par les histoires quotidiennes qui me donnent des idées pour composer des musiques, après avoir trouvé un titre adéquat à chaque morceau musical.
L’album sera-t-il disponible en Algérie ?
C’est mon souhait ! Le peuple algérien est unique et très connaisseur. J’aimerais bien voir l’album disponible en Algérie. D’ailleurs, je vais parler de ça avec la société EMI.
Vous venez de participer au Festival international du malouf de Constantine. Vos impressions ?
Effectivement, j’ai eu l’honneur de participer à ce grand festival. J’ai été très heureux de rencontrer des artistes algériens et aussi d’autres pays arabes, notamment des artistes tunisiens et marocains. Le Festival du malouf a été excellent sur tous les plans, artistique, administratif et organisationnel. Je souhaite participer à d’autres festivals dans toutes les wilayas de notre chère Algérie.
Que pensez-vous du malouf ?
C’est un art très raffiné ! La mélodie est tellement merveilleuse qu’on dirait qu’elle est l’œuvre de la nature. La musique commence par une longue introduction instrumentale qui s’écoute avec plaisir. Après, vient le chanteur soliste qui lui aussi nous fait découvrir et apprécier les secrets de cet art ancestral. L’auditoire ainsi n’a alors qu’à s’intégrer dans ce merveilleux tableau artistique composé par la troupe tout entière.
Quels sont vos projets immédiats ?
J’ai mis sur pied un atelier de travail constitué de 40 musiciens du monde entier afin de préparer mon prochain album. Celui-ci aura un titre différent et sera une surprise pour le public arabe et occidental.
Le mot de la fin ?
Je remercie l’équipe du journal Le Soir d’Algérie pour cet intérêt à mon travail. Je tiens également à exprimer mon profond respect pour notre chère Algérie, son peuple et ses dirigeants et aux responsables de l’art et de la culture en Algérie. Je remercie particulièrement le peuple algérien pour son hospitalité, sa générosité et l’intérêt qu’il porte à notre art.
Entretien réalisé par Kader B.

Designed by Agorahost - Copyright © 2017 Hazimfaris.com